S'inspirer - Comment Berlin favorise la nature en ville

Nous poursuivons le tour d’horizon des initiatives municipales favorisant le verdissement avec la présentation des démarches entreprises par Berlin, notamment via l’intégration du coefficient de biotope par surface dans la réglementation de l'aménagement urbain.

La ville de Berlin dispose d’un grand nombre de parcs et de jardins publics avec 2 500 espaces verts et aires de loisirs. Elle possède un patrimoine arboricole conséquent avec plus de 430 000 arbres urbains et de vastes forêts périurbaines (zones boisées de Grunewald et de Dueppel). Berlin comprend beaucoup de dents creuses, de terrains vagues et de friches, qui constituent de nombreuses possibilités pour verdir les quartiers. Après la chute du Mur, les zones industrielles désaffectées et l'abandon des gares de triage obsolètes, la fermeture de l’aéroport de Tempelhof (2008) ont offert une nouvelle opportunité d’augmenter le nombre d’espaces verts. Ainsi, le parc Tempelhofer Freiheit propose à présent environ plus de 4 ha de pelouse dont , une immense zone de pique-nique pour tous les visiteurs ainsi qu’un bassin de rétention des eaux pluviales à ciel ouvert de 3 ha, zone récréative appréciée des visiteurs.

Cependant, de nouveaux quartiers résidentiels pourraient voir le jour sur le terrain de l’ancien aéroport, ce qui réduirait significativement la superficie végétalisée. La décision sera prise au mois de mai par voie de référendum.

Parc Tempelhofer Freiheit
(crédit photo : Lichtschwaermer)

Laisser la végétation s’exprimer là où elle l’entend

Afin de faire place au végétal et de favoriser la déminéralisation des sols urbains sans augmenter l’endettement de la ville, les budgets consacrés à l’entretien des espaces verts ont été fortement réduits dès les années 1980. La simplification de l’entretien s’est traduite par un arrêt des traitements phytosanitaires, un espacement des tontes, une baisse drastique de l’arrosage et une sélection de plantes vivaces résistantes.
Cette stratégie n’a, semble-t-il, guère heurté la sensibilité des Berlinois, habitués à côtoyer des friches urbaines et qui chaque été s’approprient  les espaces verts aux allures sauvageonnes.

Le Naturpark Schöneberger Südgelände montre qu’il est possible de concevoir et d’entretenir des parcs publics très fréquentés selon une vocation naturelle affirmée.

Favoriser la nature en ville tout en laissant une liberté de composition à l’aménageur : Le coefficient de biotope par surface (CBS)

Les villes modernes nécessitant des idées neuves pour compenser les déficits en espace libre et en végétalisation dans les zones à haute concentration urbaine, l'administration du Sénat de la Ville de Berlin pour le développement urbain a développé le coefficient de biotope par surface (CBS). L’application de cette norme d'écologie minimale permet de s’assurer de l’intégration d’espaces verts dans les opérations d’aménagement. Cet outil s’applique déjà aux projets de rénovation, de restructuration et aux bâtiments nouveaux dans plusieurs villes d’Europe (notamment à Paris depuis 2006).

Le CBS est le rapport qu’il faudrait observer sur toute parcelle entre les surfaces favorisant la biodiversité et la superficie totale de la parcelle.

                                               

Le CBS exigé varie selon s’il s’agit d’une restructuration ou d’une construction neuve, selon la localisation du terrain (centre ville ou périphérie) et l’usage des bâtiments. Ainsi, le CBS exigé est de 0,3 pour une exploitation commerciale en zone urbaine centrale et de 0,6 pour la construction de nouveaux appartements.

Le coefficient de valeur écologique est défini pour chaque support comme suit :

                                                               

Le CBS est donc calculé en fonction de la surface de la couverture végétale, mais également de la qualité du support. Ainsi, « Si la végétalisation du sol en pleine terre est techniquement irréalisable pour le constructeur, il pourra aménager le double de surface végétalisée au sol sur dalle, le triple en toiture, ou cinq fois cette surface en mur végétalisé. Il peut bien sûr panacher sa réalisation entre ces différents traitements.» explique Mehand Meziani, architecte et urbaniste à l’Atelier parisien d’urbanisme.

Informations complémentaires :

http://www.tempelhoferfreiheit.de/en/about-tempelhofer-freiheit/planning...
http://www.ledevoir.com/opinion/blogues/le-blogue-urbain/403742/berlin-p...
http://www.environnement-urbanisme.certu.equipement.gouv.fr/IMG/pdf/fich...
http://www.stadtentwicklung.berlin.de/umwelt/landschaftsplanung/bff/inde...

(crédit photo image page d'accueil: Berlin Partner)

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